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Francis Moulin
Propos sur ma peinture
Peindre, voilà qui vient d'une sensation enfouie.
Un portrait, un paysage, une nature morte, sont inscriptibles sur
une surface plane (toile, bois, mur, feuille de papier). Mon périmètre
choisi, je m'efforce de restituer une lumière à la fois esthétique
et génératrice d'émotion, accentuant l'illusion de la profondeur,
troisième dimension qui depuis Euclide a donné l'académisme en peinture
et préoccupé longtemps nombre de peintres (Picasso, Dufy, etc.).
Par une impression lumineuse, ma peinture veut faire oublier
le support de la toile, de la même façon que si l'on était placé
devant une fenêtre ouverte. En soi rien d'innovant, il s'agit de
rappeler le travail des peintres d'antan : justesse de tons sur
tel et tel objet dans l'espace.
La lumière qui moire la surface d'un fleuve ou qui caresse les
herbes d'un champ, celle qui illumine les feuillages d'un arbre et glisse
sur le tronc agit vivement et donne une acuité toujours plus grande
au regard. Délaissant aujourd'hui le souci des détails, ma peinture convoite en premier
la richesse des nuances. Dans mon idée, il s'agit moins
d'étonner, de "tromper l'oeil", que d'inviter celui qui regarde
à être à l'intérieur du paysage.
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