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Notre lumière évolue au gré du mouvement de la
Terre, posant variablement sur les surfaces ombres et lumières,
permettant aquosité et siccité. Pour le peintre, cela se traduit
par le séchage et le durcissement de la matière pigmentaire. Ce
qu'il reste d'impression en regard de mes toiles est une mémoire
sensorielle initiée sur l'émotion esthétique : le regard du visiteur
qui vient d'ouvrir la fenêtre et qui a vu au-dehors. Suivent quelques
signes qui font sens et qui cheminent un temps bref avant d'être
conservés dans notre propre histoire.
Mes peintures ne sont pas exposées encadrées. L'encadrement
leur donnerait l'existence définitive de tableau. C'est là l'idée
d'échapper au bord, de rendre aérien, infini, absolu. Mais pour
le visiteur, elles peuvent s'offrir comme tableau virtuel, libre
à lui d'en enjoliver leur périmètre, de leur donner un contenant.
Ces premières années situées entre 2003 et 2005
pourraient tout aussi bien s'appeler Promenade au pays des Charentes.
Les quelques peintures de genre et celles plus urbaines s'inclinent
face aux paysages de la Charente-Maritime. Il faut aimer la terre,
ses fragrances et ses couleurs, s'avoir s'arrêter en chemin, regarder
la beauté environnante et se dire : "Que la lumière est belle".
F. Moulin
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